La Kirghizie, jeune république issue de l’ex bloc soviétique, vit actuellement une phase difficile de sa jeune histoire. Les derniers affrontements dans le sud-ouest du pays, l’approche d’un referendum au scrutin indécis, la situation délicate de la communauté Ouzbek et le risque de voir le pays s’enflammer ont été les moteurs de la décision d’annuler l’ensemble de nos voyages sur ce pays, d’autant plus que deux de nos circuits se déroulent dans le sud du pays, avec un passage obligatoire par Osh.
La situation dans le nord du pays semble encore sous le contrôle du gouvernement, mais jusqu’à quand ?
Vous pouvez lire à ce sujet la remarque du correspondant de l’AFP sur place (Victor Drachev) :
« Pour le gouvernement provisoire kirghize, ces événements sont téléguidés par l’ancien président Bakiev depuis son exil en Biélorussie, où il s’est enfui après les émeutes qui ont conduit à sa destitution au mois d’avril dernier. Plusieurs spécialistes de la région ont réuni au cours de ces derniers jours un corpus de déclarations et d’informations qui renforcent cette thèse. Kourmanbek Bakiev n’a jamais caché sa volonté de reprendre le pouvoir à Bichkek. Nombre d’observateurs avertis de la vie politique régionale lui prête, malgré son lointain exil, une influence considérable qui repose sur des leviers à la fois politique, clanique, familiaux et, surtout, mafieux.
De surcroît, le calendrier fournit une explication et un argument supplémentaires pour justifier le déclenchement des hostilités : le 27 juin, un référendum constitutionnel doit se tenir au Kirghizistan, en prélude à des élections générales et Koumanbek Bakiev n’a pas caché non plus son hostilité au projet, voire sa volonté de le torpiller par tous les moyens. Nombre d’analystes s’attendaient d’ailleurs au déclenchement d’événements de cette nature avant la tenue du scrutin. Ils expliquent que les divisions ethniques sont exploitées à des fins politiques, que les violences sont le fait de gangs au service de l’ancienne direction, payés par elle. L’essentiel, explique l’un d’entre eux cité par l’AFP, c’est que, « de l’extérieur, ça ressemble à un conflit interethnique (…). Et ça marche ! ».
Vous comprendrez ainsi que Tirawa ne prenne aucun risque.
Nous espérons que la situation redevienne normale et que la paix nous permette dès que possible d’aller visiter ce magnifique pays.