Vol au départ de Paris...
Départ de Paris en fin de journée à destination de Pékin. Vol de nuit avec Air France.

Une grande traversée du Tibet oriental, de l’Amdo au Kham, jusqu’aux vastes étendues du Sanjiangyuan. Au départ de Xining, le voyage relie les grands centres du bouddhisme tibétain, de Labrang aux monastères du Kham, en passant par les ateliers d’artistes de Rebkong et les prairies de l’Amdo. À Dege, l’ancienne imprimerie témoigne de la richesse des savoirs transmis depuis des siècles. Puis, au-delà de Yushu et Nangchen, les villages se raréfient et les paysages s’ouvrent sur les hauts plateaux du Sanjiangyuan, territoire de pâturages, de lacs et de faune sauvage. Un itinéraire de découverte particulièrement complet, entre patrimoine religieux, traditions vivantes et grands espaces du Tibet oriental.
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Votre voyage
Ce voyage de découverte culturelle comprend de nombreuses visites et balades, sans difficulté technique particulière annoncée. La principale exigence vient de l’altitude et de la longueur des trajets : après une montée progressive depuis Xining, une grande partie du parcours se déroule entre 3 200 et 3 900 mètres. Les trajets sont généralement de 2 à 4 heures, avec deux longues journées de route en fin de circuit, notamment entre Qumalai, Wudaoliang et Golmud.
Des marches quotidiennes (adaptées au groupe) seront proposées régulièrement.
Les conditions d’hébergement sont variables selon l’isolement des étapes : hôtels confortables dans les principales villes, mais hébergements beaucoup plus simples dans certains villages et sur les hauts plateaux. Plusieurs visites ou rencontres restent par ailleurs dépendantes des conditions locales et des autorisations en vigueur. Ce voyage s’adresse donc à des voyageurs disposant d’une bonne capacité d’adaptation, davantage en raison de l’altitude, des distances parcourues et de l’isolement que de la difficulté des marches.
Itinéraire jour par jour
Départ de Paris en fin de journée à destination de Pékin. Vol de nuit avec Air France.
Arrivée à Pékin dans l’après-midi. Après les formalités d’entrée en Chine et la récupération des bagages, direction notre hôtel situé à proximité de l’aéroport. Cette première soirée permet de nous reposer avant de poursuivre dès le lendemain vers les régions tibétaines de l’ouest de la Chine.
Vol matinal pour Xining, capitale du Qinghai et porte d’entrée de l’Amdo tibétain. Nous rejoignons le monastère de Kumbum (2680 m), également appelé Ta’er Si, construit sur le lieu de naissance de Tsongkhapa (1357-1419), fondateur de l’école Gelug du bouddhisme tibétain. L’un des six grands monastères de cette tradition, Kumbum s’organise autour de temples, stupas, salles d’assemblée et collèges monastiques. Nous y découvrons notamment les arts religieux qui ont fait la réputation du monastère : peintures murales, thangkas en appliqué et étonnantes sculptures en beurre de yak.
De retour à Xining (2280 m), nous visitons le musée de la Culture tibétaine du Qinghai. Ses collections présentent les traditions religieuses, les costumes, la médecine, l’astronomie et les arts tibétains. Parmi les pièces majeures figure une fresque sur thangka longue de 618 mètres, consacrée à l’histoire et aux savoirs du monde tibétain. Une première approche précieuse avant de prendre, dès le lendemain, la route du Tibet oriental.
Suivant l’heure d’arrivée du vol à Xining, les visites peuvent être interverties (Musée puis Kumbum)
Nous quittons Xining pour le géoparc de Kanbula. Le paysage change rapidement : les hauts plateaux laissent place à un relief tourmenté de falaises et pitons de grès rouge, caractéristiques des formations Danxia. Ces reliefs dominent par endroits le Fleuve Jaune et les eaux du réservoir de Lijiaxia, entre parois minérales, versants boisés et étendues d’eau.
Au cœur de Kanbula, nous rejoignons le couvent de Nanzong, monastère féminin de tradition Nyingma. Il appartient à un ancien ensemble religieux établi dans les vallées et falaises de Nanzong, longtemps utilisées comme lieux de retraite et de méditation. La présence de petites communautés monastiques dans cet environnement isolé donne une première idée de l’importance de la pratique contemplative dans le bouddhisme tibétain.
Nous poursuivons enfin jusqu’à Xunhua, où nous passons la nuit (1800 m). Cette étape à basse altitude permet de poursuivre notre acclimatation avant de gagner les régions plus élevées de l’Amdo.
Avant de quitter Xunhua, nous visitons le lieu de naissance du Xe Panchen Lama, Chökyi Gyaltsen, né ici en 1938, ainsi que le grand stupa voisin. Cette figure religieuse majeure du XXème siècle fut intronisée au monastère de Kumbum
Nous prenons ensuite la route de Tongren, appelée Rebkong en tibétain, dans la vallée de la Longwu. La ville est réputée pour les arts de Regong, transmis dans les monastères et les villages depuis plusieurs siècles : peinture de thangkas, fresques, appliqués textiles et sculptures religieuses. Ces savoir-faire, régis par une iconographie précise, figurent depuis 2009 sur la liste du patrimoine culturel immatériel de l’UNESCO. Installation à Tongren (2500 m), où nous approfondirons ces découvertes le lendemain.
La matinée est consacrée aux monastères et villages d’artistes de la vallée de la Longwu, berceau des arts de Regong. Dans les ateliers, la peinture religieuse et les appliqués textiles perpétuent des techniques transmises de maître à apprenti. Si les conditions le permettent, rencontre avec un maître artiste pour suivre les étapes de création d’un thangka, du dessin aux pigments, et comprendre la place de ces œuvres dans la pratique bouddhiste.
Nous quittons ensuite Tongren pour Xiahe. Les vallées cultivées cèdent peu à peu la place aux prairies de Ganjia, parmi les grands territoires d’élevage de l’Amdo. Arrivée à Xiahe, à 2 900 mètres d’altitude, aux portes du Labrang, l’un des grands monastères de l’école Gelug.
La matinée est consacrée au monastère de Labrang, l’un des six grands monastères de l’école Gelug du bouddhisme tibétain et l’un des principaux centres religieux de l’Amdo. Fondé en 1709 par le premier Jamyang Zhepa, le monastère s’est développé comme une véritable université monastique. Ses six collèges sont consacrés notamment à la philosophie bouddhique, aux enseignements tantriques, à la médecine et à l’astrologie. Labrang joua ainsi pendant plusieurs siècles un rôle religieux et intellectuel majeur dans tout le nord-est du monde tibétain.
Nous parcourons ce vaste ensemble de temples, salles d’assemblée, collèges et quartiers monastiques. Autour du monastère court un circuit de pèlerinage d’environ trois kilomètres, jalonné d’une succession de moulins à prières. Nous en suivons une partie aux côtés des pèlerins qui accomplissent le kora, circumambulation rituelle autour du monastère. Dans les salles accessibles, statues, thangkas et lampes à beurre témoignent de la richesse artistique et de l’intense activité religieuse de Labrang.
Nous reprenons ensuite la route à travers les pâturages de l’Amdo, avec un passage par les ateliers d’Amchok. Les troupeaux et les campements ponctuent ces hautes prairies où l’élevage reste très présent. En fin de journée, arrivée à Langmusi, petite cité monastique installée entre les montagnes, à 3 200 mètres d’altitude.
Nous commençons la journée par la visite du monastère de Kirti, situé sur le versant sichuanais de Langmusi, ou Taktsang Lhamo en tibétain. Avec le monastère de Sertri, situé de l’autre côté de la bourgade, il constitue l’un des deux grands centres religieux qui ont façonné l’histoire de cette petite cité tibétaine. Kirti appartient à l’école Gelug, la tradition du bouddhisme tibétain fondée par Tsongkhapa.
Les origines du monastère remontent au début du XVIIIème siècle : un ermitage fut établi ici en 1713, avant d’être confié au Ve Kirti Rinpoche. Le site se développa progressivement pour devenir l’un des principaux sièges de la lignée des Kirti Rinpoché, importante lignée de maîtres religieux de l’Amdo.
Nous parcourons les différents bâtiments du complexe, avec leurs salles de prières, cours monastiques et temples aux toitures dorées, dominés par les reliefs qui ferment la vallée. La visite permet surtout de mieux comprendre l’organisation d’un grand monastère tibétain et la place qu’occupent encore ces institutions religieuses dans les régions orientales du plateau.
Derrière le monastère, une balade nous conduit dans la vallée du Dragon Blanc, entre reliefs rocheux et pâturages d’altitude. Si les conditions locales le permettent, nous faisons halte chez une famille nomade pour partager un thé et découvrir le quotidien des éleveurs. Poursuite vers Tangke (3450 m) et installation dans une maison d’hôtes de village.
Nous quittons Tangke et traversons les vastes prairies de l’Amdo, entre troupeaux de yaks et campements d’éleveurs, pour gagner le massif de Lianbaoyeze, près d’Aba. Situé dans le prolongement méridional des monts Bayan Har, Lianbaoyeze forme un vaste massif de haute altitude dominé par d’imposantes aiguilles et murailles de granite. L’érosion glaciaire y a profondément modelé le relief : cirques, vallées en « U », parois rocheuses et dépressions occupées par de nombreux lacs d’altitude composent un paysage particulièrement minéral. Le secteur se situe autour de 4 000 mètres d’altitude et les sommets les plus élevés dépassent 5 000 mètres.
Nous prenons le temps de découvrir cet environnement où les prairies alpines viennent buter directement contre les grandes parois granitiques. Les eaux des lacs, enchâssées au pied des sommets, renforcent encore le contraste avec les paysages ouverts traversés depuis Langmusi. Pour les Tibétains de l’Amdo, Lianbaoyeze est également une montagne sacrée, ce qui ajoute une dimension culturelle et religieuse à ce site avant tout remarquable par sa géologie.
En fin de journée, nous rejoignons Aba où nous restons deux nuits. Cette étape marque notre entrée dans une région plus reculée, à 3 300 mètres d’altitude, que nous prendrons le temps de découvrir le lendemain.
Nous consacrons la journée à la découverte d’Aba et ses environs, au cœur des hauts plateaux tibétains du Sichuan. La région est marquée par une forte présence du bouddhisme tibétain, avec plusieurs monastères qui structurent depuis longtemps la vie religieuse des communautés locales. Nous prenons le temps d’en visiter certains, en observant salles de prières, cours monastiques et activités quotidiennes lorsque celles-ci sont accessibles.
Nous rejoignons également plusieurs villages tibétains des environs. L’étape permet d’aborder un visage plus quotidien de la région : habitat traditionnel, petites exploitations, déplacements des habitants et vie des communautés installées entre vallées et pâturages. Les arrêts se font au gré de la journée et des possibilités locales, laissant également du temps pour la photographie et l’observation des scènes de vie.
Retour à Aba en fin de journée pour une seconde nuit.
Nous quittons Aba en direction de Rangtang, également appelée Dzamtang, par une succession de vallées, de villages et de pâturages. À mesure que nous avançons, l’habitat se fait plus dispersé et nous gagnons une région nettement moins fréquentée.
À l’arrivée, nous découvrons le complexe monastique de Dzamtang, l’un des principaux foyers de l’école Jonang, tradition bouddhiste moins connue que les écoles Gelug, Nyingma ou Kagyu. Dzamtang regroupe plusieurs monastères contigus, dont Choje, Tsechu et Tsangwa. Choje, fondé au XVème siècle, est le plus ancien, tandis que Tsangwa est devenu le principal siège de la tradition Jonang dans la région. Fondé par Lodro Namgyal, disciple de Taranatha, ce dernier demeure un important centre d’étude et de transmission, notamment autour des enseignements du Kalachakra.
Nous parcourons temples, salles d’assemblée et anciens stupas de cet ensemble religieux, avant de nous installer à Rangtang (3200 m).
La route de Rangtang à Ganzi traverse de belles vallées tibétaines. Au fil du trajet, l’architecture évolue : les maisons plus massives annoncent progressivement le Kham, autre grande région historique et culturelle du Tibet oriental.
Nous atteignons Ganzi dans l’après-midi. La ville constitue l’un des principaux centres culturels du nord du Kham. Nous visitons son centre culturel, une bonne introduction aux traditions propres à cette région du Tibet oriental. Une place importante y est accordée à l’épopée du roi Gesar, immense récit héroïque transmis pendant des siècles par des conteurs et profondément ancré dans la culture du Kham. Nous découvrons également différentes expressions du patrimoine local : peinture tibétaine, calligraphie, costumes, danses et traditions populaires, autant d’éléments qui permettent de mieux comprendre l’identité culturelle des régions que nous allons traverser dans les jours suivants.
Installation à Ganzi pour la nuit, à environ 3 300 mètres d’altitude.
Avant de quitter Ganzi, nous découvrons son monastère historique et son marché, lieu animé où se retrouvent habitants, éleveurs et commerçants. Cette dernière étape à Ganzi permet d’observer une ville encore profondément liée au monde pastoral et monastique du Kham.
Nous prenons ensuite la route de Palyul (Baiyu). Si l’état des routes et les autorisations locales le permettent, nous effectuons un détour par Yachen, important site religieux établi dans une vaste vallée d’altitude. Cette visite reste volontairement conditionnelle, l’accès à la région pouvant être modifié ou restreint.
En chemin, si les circonstances s’y prêtent, nous partageons un déjeuner simple avec une famille nomade, l’occasion d’approcher plus concrètement le quotidien des éleveurs des hauts plateaux. Poursuite jusqu’à Palyul et installation pour la nuit (3200 m).
En direction de Dzongsar, nous faisons étape au monastère de Kathok, l’un des plus anciens grands sièges de l’école Nyingma. Fondé en 1159 par Katok Dampa Deshek, Kathok est considéré comme le plus ancien des six grands monastères-mères de la tradition Nyingma. Pendant des siècles, il a joué un rôle essentiel dans la transmission des enseignements et la formation de maîtres et d’érudits. Le monastère est notamment associé à la préservation de la tradition Kama, corpus d’enseignements transmis de génération en génération depuis les premiers maîtres du bouddhisme tibétain. Après une période de déclin, le site fut largement rétabli au XVIIème siècle et continua de rayonner dans tout le Kham.
Nous prenons le temps de parcourir ce vaste ensemble monastique, dont les temples et bâtiments s’étagent sur les pentes de la montagne. Cette visite permet aussi de mieux mesurer l’importance du Kham dans l’histoire de l’école Nyingma : plusieurs de ses principaux sièges religieux se trouvent dans cette partie du Tibet oriental.
Nous poursuivons à travers les vallées du Kham. En chemin, découverte de savoir-faire locaux, dont la fabrication traditionnelle de couteaux tibétains et d’autres objets artisanaux. Arrivée à Dzongsar en fin de journée et nuit dans une maison d’hôtes de village (3400 m).
Notre journée débute à Dzongsar, grand centre religieux et intellectuel du Kham. De tradition Sakya depuis le XIIIe siècle, le monastère fut au XIXe siècle l’un des foyers du mouvement Rimé, qui œuvra à préserver et transmettre les enseignements des différentes écoles du bouddhisme tibétain. Nous visitons les temples et les ateliers liés au monastère, où sont réalisés statues et objets rituels.
Nous rejoignons ensuite Palpung, grand siège de l’école Karma Kagyu, fondé en 1727. Ce monastère fut également associé au mouvement Rimé et à une importante tradition de peinture sur thangka, notamment le style Karma Gardri, reconnaissable à la place accordée au paysage. La visite éclaire les liens entre la création artistique et la vie spirituelle du Kham. Continuation vers Dege, ancien centre culturel et religieux, où nous passons la nuit (3200 m).
À Dege, visite du Parkhang, l’une des grandes imprimeries traditionnelles du monde tibétain. Fondé en 1729, il conserve des centaines de milliers de planches de bois gravées servant à imprimer les textes religieux et savants, notamment le Kangyur et le Tengyur. Ces matrices, inscrites en 2024 au registre régional Asie-Pacifique du programme Mémoire du monde de l’UNESCO, constituent un patrimoine remarquable.
Le procédé d’impression traditionnel s’y pratique encore : les planches sont encrées et les feuilles pressées à la main. Nous découvrons les galeries de conservation et, lorsque l’activité le permet, le travail des imprimeurs. À proximité, visite de Gonchen, également appelé Lhundrubteng, grand monastère Sakya lié à l’ancienne famille royale de Dege. Ensemble, le monastère et le Parkhang témoignent du rôle de la ville dans la transmission du savoir tibétain.
Nous quittons ensuite Dege pour rejoindre Dzogchen (3600 m), sur les hauts plateaux du Kham.
Ce matin, nous poursuivons notre découverte de Dzogchen. Le monastère, fondé à la fin du XVIIe siècle par Pema Rigdzin, premier Dzogchen Rinpoche, compte parmi les grands sièges de l’école Nyingma. Il devint notamment célèbre pour son collège monastique Shri Singha, important centre d’étude et de transmission du bouddhisme tibétain dans le Kham.
Depuis le monastère, une courte marche nous mène aux grottes de méditation aménagées dans les hauteurs, loin des bâtiments principaux.
Nous reprenons ensuite la route vers Shiqu (Sershul), à travers les pâturages d’altitude et les territoires d’élevage. En chemin, découverte du Songgye Mani, immense ensemble de pierres gravées de mantras et de textes bouddhiques, accumulées au fil des générations. Nuit à Shiqu, à près de 3 800 mètres d’altitude.
Avant de quitter Shiqu, nous découvrons le mur de mani de Palgyal, vaste accumulation de pierres gravées de prières, de mantras et de figures bouddhiques. Il rappelle la place de cette tradition religieuse dans le quotidien des communautés du haut plateau.
Nous poursuivons en direction de Yushu à travers un paysage de hautes prairies, où l’habitat reste dispersé et largement lié à l’élevage nomade. L’itinéraire nous fait progressivement quitter le Sichuan pour gagner la province du Qinghai et la région de Yushu, autre grand foyer de culture tibétaine de notre parcours.
Arrivée à Yushu (3500 m) dans l’après-midi et installation à l’hôtel. Après plusieurs étapes autour de 3 800 mètres, nous retrouvons une altitude légèrement plus basse.
Nous consacrons le début de matinée à la découverte de Yushu, important centre de culture tibétaine dans le sud du Qinghai. Nous rejoignons notamment le Gyanak Mani, vaste ensemble de pierres sculptées et gravées de mantras, de prières et de figures bouddhiques. Comme à Shiqu, ces pierres mani témoignent d’une tradition religieuse très vivante sur les hauts plateaux, mais l’ampleur du site donne ici toute sa mesure à cette forme particulière d’art dévotionnel tibétain.
Nous prenons ensuite la route vers Nangchen. Le relief devient plus accidenté, entre vallées encaissées, villages et pâturages. Réputée pour ses monastères et lieux de retraite installés à l’écart des grands axes, cette région du Kham mérite que nous y consacrions deux nuits. Installation à Nangchen (3400 m).
Nous consacrons la journée à l’exploration de la région de Nangchen, l’une des étapes les plus reculées de notre parcours. Nous rejoignons d’abord le monastère de Gar, ou Gar Gonpa, installé vers 3 700 mètres d’altitude dans une vallée montagneuse proche de la frontière tibétaine. Le site surprend d’abord par son implantation : les bâtiments semblent littéralement accrochés à la falaise, répartis entre un monastère inférieur et un monastère supérieur qui s’étagent sur le versant.
Gar appartient à la tradition Drigung Kagyu. Sa fondation remonte aux environs de 1200, lorsque le maître Gar Dampa Chödingpa, lié à Jigten Sumgön, fondateur de cette branche de l’école Kagyu, établit ici un premier centre religieux. Le monastère deviendra par la suite étroitement associé à la lignée des Garchen Rinpoché, dont plusieurs incarnations auront un rôle important dans la vie spirituelle de l’ancien royaume de Nangchen.
Nous parcourons les temples et les espaces accessibles de ce site remarquable, entre rochers et versants boisés. Nous découvrons également plusieurs couvents de nonnes bouddhistes, qui témoignent de la diversité de la vie religieuse de Nangchen. La journée se poursuit vers les salines traditionnelles de la région, où subsistent d’anciens savoir-faire d’extraction et de travail du sel. Retour à Nangchen pour la nuit.
Nous quittons Nangchen pour revenir vers Yushu avec une halte au monastère de Gaden, à ne pas confondre avec celui de Ganden près de Lhassa. Établi au-dessus d’un méandre de la rivière Ziqu, affluent du haut Mékong, il occupe un site magnifique dominant la vallée.
L’histoire de Gaden reflète aussi les évolutions religieuses de cette partie du Kham. Les sources locales font remonter une étape importante de sa fondation au XVIe siècle, alors que le monastère relève de la tradition Nyingma. En 1652, lors du passage du Ve Dalaï-Lama dans la région de Yushu, il est rattaché à l’école Gelug, tradition à laquelle il appartient encore aujourd’hui. Le site conserve notamment une grande salle d’assemblée de plusieurs niveaux et des bâtiments monastiques de style tibétain.
Nous prenons le temps de découvrir ses bâtiments monastiques et le panorama depuis les hauteurs. Cette halte complète bien les visites des jours précédents : après les grands centres Kagyu et Nyingma du Kham, Gaden rappelle la diversité des écoles bouddhiques présentes dans la région de Nangchen.
Nous poursuivons ensuite vers Yushu (3500 m), en retrouvant progressivement les vastes paysages ouverts des hauts plateaux.
Avant de quitter Yushu, nous faisons un passage par le marché local, où se retrouvent habitants de la ville, éleveurs et commerçants des environs. Cette halte permet d’observer une autre facette de la région, plus quotidienne, avant de reprendre la route vers Qumalai.
Au fil des kilomètres, les zones habitées s’espacent et la route traverse de vastes prairies d’altitude, ponctuées de troupeaux et de campements. Nous gagnons progressivement une région plus reculée, où les paysages ouverts prennent le pas sur les grandes étapes monastiques des jours précédents.
Arrivée à Qumalai (3800 m) en fin de journée et installation dans un hébergement simple, adapté à l’isolement de cette étape.
Nous quittons Qumalai pour une longue étape à travers les immensités du Sanjiangyuan, littéralement la « région des sources des Trois Fleuves ». C’est ici, au cœur du plateau tibétain, que prennent naissance trois des grands cours d’eau d’Asie : le Yangtsé, le Fleuve Jaune et le Lancang, nom chinois du Mékong. Créé en 2021, le parc national du Sanjiangyuan protège près de 191 000 km² autour de ces trois bassins.
La route nous entraîne dans un paysage qui change d’échelle : hautes prairies, zones humides, rivières aux multiples bras, lacs d’altitude et reliefs minéraux se succèdent sous un ciel immense. Les villages disparaissent presque totalement et seules quelques traces d’élevage rappellent la présence humaine. Dans cette partie du Sanjiangyuan, glaciers, sommets enneigés et vastes écosystèmes de prairie et de marais alimentent progressivement les grands réseaux hydrographiques qui prennent naissance sur le plateau.
Cette journée est également consacrée à l’observation de la faune des hauts plateaux. Avec un peu de chance, nous pouvons apercevoir des kiangs, ânes sauvages du Tibet, des yaks sauvages, des gazelles tibétaines, des marmottes ou encore des antilopes tibétaines. Nous avançons lentement et multiplions les arrêts lorsque les conditions sont favorables. Dans ces espaces immenses, l’observation reste naturellement aléatoire et dépend des déplacements des animaux.
Nous gagnons progressivement des altitudes proches de 4 000 mètres avant d’atteindre Wudaoliang (3900 m), étape isolée où nous passons la nuit dans une maison d’hôtes aux conditions simples.
Nous quittons Wudaoliang pour une longue étape de route, qui reprend d’abord une partie de l’itinéraire de la veille. Cette dernière traversée du Sanjiangyuan peut encore offrir des occasions d’observer la faune sauvage, selon ses déplacements et les conditions du jour.
Peu à peu, les hautes prairies laissent place à des paysages plus arides. Nous descendons vers la bordure du bassin du Qaidam, changement marqué après les vastes espaces d’altitude des jours précédents. Arrivée à Golmud, vers 2 800 mètres, où nous retrouvons un hôtel plus confortable pour notre dernière nuit en Chine.
Transfert matinal vers l’aéroport de Golmud.
Vol intérieur pour Xining, puis autre vol en continuation vers Pékin. En soirée, embarquement sur notre vol Air France à destination de Paris. Le déroulement précis de cette journée dépendra des horaires définitifs des vols.
Arrivée à Paris prévue vers 6h du matin.
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Grande Traversée de l'Amdo et du Kham